Un dimanche politique sur France 5
by Anthony Hamelle. Temps de lecture : about 3 minutes.
Il a beaucoup été question, hier, de politique sur France 5. L’émission Arrêt sur Images de Daniel Schneidermann s’est intéressée au traitement médiatique de la vie politique française avant qu’un documentaire de Jean-Michel Gaillard n’ait traité de la communication politique sous la Ve République.
Fidèle à sa réputation, Arrêt sur Images (ASI) a mis a nu les contradictions, voire les errements, des médias audiovisuels et écrits dans leur couverture de la vie politique. Les journalistes politiques se sont vus reprocher de trop s’intéresser aux jeux de pouvoirs – affrontements internes au PS, match Villepin-Sarkozy – au détriment de débats de fond. C’est ainsi que la propension des JT de TF1, France 2 et France 3 (Gilles Leclerc représentait la rédaction politique de France Télévisions) et du quotidien Le Monde (représenté par Raphaëlle Bacqué) à braquer les projecteurs sur la stratégie de communication de Dominique de Villepin à l’occasion du bilan de ses 100 jours a été exposée. Les conséquences du contrat nouvelle embauche, de la réforme de la prime pour l’emploi, de la modification des tranches et du barème de l’impôt sur le revenu et les effets sur la situation économique et sociale française de la politique du nouveau Gouvernement sont autant de sujets qui n’ont pas bénéficié de la même ferveur médiatique.
Après les journalistes, ce sont les conseillers en communication politique qui se sont retrouvés assis sur le banc hertzien des accusés. Le documentaire – qui sera rediffusé en octobre et qui est disponible libre de tout droit de reproduction ou à des fins éducatives – s’est attaché à expliquer, à travers de nombreux témoignages, le rôle des « communicants » aux côtés des politiciens.
On ne peut que se féliciter du rôle tenu par les conseillers qui auront permis à certains hommes politiques de mieux faire passer leur message, de bien comprendre l’environnement dans lequel ils évoluaient et de faire, comme le fit par exemple Jean Lecanuet lors de l’élection présidentielle de 1965, le plein de voix auprès de la population électorale acquise ou – mieux encore – convaincue.
On ne peut en revanche que déplorer les illustrations des vizirs qui souhaitaient être califes à la place du calife en empruntant une plume et une parole qu’ils ne doivent pourtant que mieux guider, sans jamais la dénaturer.
Il ne faut pas confondre la communication politique – souhaitable – avec le marketing politique – porteur de nombreux maux. Dans le premier cas, l’émetteur tente de concilier les caractéristiques de son message et les attentes des récepteurs, des compromis sont envisageables, des compromissions ne le sont jamais. Dans le second cas, on substitue les besoins supposés des récepteurs à toute volonté propre de l’émetteur, participant par là-même au désenchantement politique que de nombreuses démocraties traversent aujourd’hui.
Les conseillers en communication politique devraient se contenter de bien remplir leur rôle, à savoir la mise en perspective d’un message et d’une volonté politiques dans un espace public toujours plus complexe et segmenté. N’ayant ni le tempérament nécessaire ni le sens de l’intérêt général, ils ne devraient jamais être autorisés à construire le propos politique, leur participation ne devenant légitime qu’à partir du stade de la formulation du message, de son emballage.
Quant aux journalistes politiques, ils devraient mieux assumer leur rôle de vigies de la vie publique et politique, éclairant, autant que faire se peut, d’une lumière objective les tenants et les aboutissants des décisions prses et des propositions formulées par les hommes et femmes politiques.
PS: A titre d’exemple, Versac et le magazine Challenges ont entrepris d’expliquer les effets prévisibles de la réforme fiscale lancée par le Gouvernement, chose que la plupart des médias auraient pourtant du faire.

Un blog dont il n’a pas été question pendant l’émission mais qui fait l’objet d’un article sur le site de l’émission :
http://Sarkostique.over-blog.com
En traitement longue durée, Sarkostique vous débarasse de la sarkosite aigue.
Sarkophage
2 éléments de rélfexion. Pour l’émssion ASI, il y a un vrai problème avec le coupage au montage. L’émission disponible sur la toile est bien plus longue.
D’autre part, notre site n’a pas été cité non plus dans les sujets alors qu’il en était question sur le site (Je rejoins ce que dit sarkophage .. sans vouloir entrer dans une quelconque polémique, ce n’est pas le but de ce commentaire)
Je dois avouer ne pas avoir visionné la version non éditée de l’émission. Bien qu’ASI ait vocation à exposer les incohérences médiatiques, elle ne saurait échapper aux contraintes qui s’appliquent de manière universelle aux émissions enregistrées: il faut faire rentrer un vaste débat dans une petite case.
Il est vrai que le traitement de la vie politique par les blogs aurait pu être mieux intégré à l’émission. D’autant que la diversité même de la blogosphère permet de profiter d’un traitement des enjeux idéologiques et programmatiques au moins autant – sinon plus – que des querelles de personnes et des enjeux de pouvoir.
Bonne émission dimanche et excellent billet sur le sujet de la communication politique.
Le meilleur passage fut la réplique d’Abiker lorsqu’était décrite la couverture médiatique des exploits natatoires de Villepin: « donnez le sujet au service des sports! »