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La lancinante question turque

by Anthony Hamelle. Temps de lecture : about a minute.

A l’occasion de la XIIIe conférence des ambassadeurs, Jacques Chirac et Philippe Douste-Blazy ont formalisé la distanciation – sinon le revirement – de l’exécutif français à l’égard de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Le Président de la République et le ministre des Affaires étrangères ont en effet souhaité conditionner l’ouverture des négociations d’adhésion à la reconnaissance par la Turquie de l’Etat chypriote grec, seule entité étatique reconnue par la communauté internationale sur l’île de Chypre – cependant que la partie nord de l’île, occupée par l’armée turque depuis 1974, ne bénéficie pas d’une telle reconnaissance.

Sur le terrain de l’histoire récente, que l’on pourrait plus justement qualifier d’actualité, cet appel constitue à n’en pas douter un départ de la position qui prévalait avant le référendum du 29 mai. Jacques Chirac s’était en effet fait l’indéfectible support de la candidature turque à l’Union européenne face à une opinion pourtant hostile et à une majorité à l’Assemblée nationale plus que réticente. Confronté au choc du résultat référendaire, engendré par une conjonction de mécontentements de laquelle la question turque était tout sauf absente, il semblerait que le chef de l’Etat ait renoncé à maintenir une des rares positions qui lui conférait pourtant le staut d’homme d’Etat, caractérisé notamment par une noble constance – qu’on aurait pu croire animer par de fortes convictions.

Il semblerait que les gouvernants français, alternativement et systématiquement rejetés dans l’opposition depuis 1978, aient bien du mal à comprendre que ce n’est pas au travers de multiples renoncements qu’ils retrouveront grâce aux yeux des Français.

Nous sommes malheureusement trop habitués dès lors à ce que l’Union européenne, tant décriée dans notre noble et fière province, en vienne à rappeler à la France les engagements qu’elle a souscrits et à ce que l’historien nous rappelle que les choses sont toujours plus subtiles qu’un regard et une attention superficiels nous laissent à penser.

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