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Liberté de la presse: droits et devoirs

by Anthony Hamelle. Temps de lecture : about 2 minutes.

L’ONG Reporters sans Frontières (RSF) a fêté ses 20 ans d’existence sur fond d’un triste bilan: 53 journalistes ont été tués en 2004 dans l’exercice de leur mission, 107 journalistes étaient emprisonnés au 1er janvier 2005 alors que les prises d’otage viennent ajouter à la tyrannie des Etats autoritaires les oukases de nombreux groupuscules extrêmistes.

La liberté d’expression est essentielle au développement et à la survie des sociétés démocratiques. Elle constitute un contre-pouvoir nécessaire dans les sociétés démocratiques et un facteur de développement économique et social en ce qu’elle assure la propagation des idées et la naissance de débats tendant à toujours interroger et remettre sur l’ouvrage les modes d’organisation que nous nous sommes choisis. La libre circulation de l’information sert parfois des enjeux qui peuvent paraître éloignés de son champ d’action, Amartya Sen lui attribuant un rôle de poids dans la lutte contre la pauvreté et les famines.

Afin de ne pas âbimer cette liberté, il convient néanmoins de s’assurer que ses premiers attributaires, les journalistes, en feront un usage honnête et raisonné. A l’inverse des représentants politiques des systèmes démocratiques, les journalistes n’encourent pas de manière généralisée la sanction qui viendrait leur rappeler que la charge dont ils disposent est également exercée au nom du peuple ou de la nation souveraine.

L’article récemment publié par l’hebdomadaire Newsweek, appuyé sur les propos d’une unique source, qui plus est anonyme, selon lequel un exemplaire du Coran avait été jeté dans des toilettes par des soldats américains sur la base militaire américaine de Guantanamo, vient nous rappeler la puissance (aujourd’hui globalisée) des mots. Ces quelques lignes ont en effet engendrées de vastes mouvements de protestation dans certains pays musulmans, notamment en Afghanistan, dirigés contre les Etats-Unis.

Cette affaire intervient après plusieurs scandales sur la véracité des articles publiés par certains des plus grands media américains, tel le NYT, qui ont émaillé la stature dont ceux-ci jouissent sous la protection du fameux premier amendement à la Constitution américaine.

Il est bien évidemment de la responsabilité des journalistes de dénoncer les travers de nos démocraties, autant que de porter à notre connaissance les abus des pays autoritaires ou de factions totalitaires. Le retentissement de certains de ses actes impose néanmoins au monde de la presse de réfléchir aux moyens d’user de la liberté que nous leur avons confiée sans abus, au risque qu’elle finisse par se perdre, au détriment de tous…

PS: Il est intéressant de noter que les blogs, qui ne bénéficient pas du même a priori de sérieux attribué à certains titres de presse, sont, par leur nature même, moins susceptibles de connaître de telles dérives. L’appel à commentaires inhérent à tout blog permet en effet de corriger immédiatement le propos d’un auteur qui se serait égaré. Les mots d’un blog appellent une réponse empruntant le même canal, favorisant ainsi une certaine dialectique que les media traditionnels ne sont pas nécessairement en mesure d’offrir.

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