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A l’ombre de l’Orange

by Anthony Hamelle. Temps de lecture : about 2 minutes.

Après ses succès rose et orange, la démocratie a encore un long chemin à parcourir, notamment vers l’est.

Alors que la Géorgie et l’Ukraine ont emprunté le chemin de la démocratie à la faveur de leurs révolutions rose et orange, nous ne pouvons que nous satisfaire de la disponibilité de tout l’éventail des couleurs de l’arc-en-ciel pour accompagner les nécessaires (r)évolutions démocratiques que devront traverser les 49 pays qui, selon l’ONG Freedom House, auraient une organisation de type autoritaire. Le rapport de la liberté dans le monde, publié par cette association, se félicite toutefois des progrès réalisés par l’Ukraine et la Géorgie dans leur marche émancipatrice face à la Russie de Vladimir Poutine, seul pays rétrogadé de la catégorie des pays partiellement libres à celle des pays qui ne le sont pas.

Certains, tel l’historien Alexandre Adler dans une récente tribune dans le quotidien Le Figaro, défendent pourtant la volonté du président russe de restaurer l’autorité de l’Etat, euphémisme qui semble pourtant décrire une volonté autoritaire et non d’autorité, distinction dont le seul critère est la force démocratique qui anime le pays soumis à de telles velléités. L’on ne saurait douter de la nécessité de la Russie, ou d’un Etat quelconque, de faire en sorte que les lois votées par ses institutions soient appliquées, que ses richesses ne soient pas accaparées par une mafia d’opportunistes entrepreneurs et d’hommes politiques corrompus; l’on est néanmoins en droit de se demander si ces nécessités doivent nécessairement s’affranchir des principes élémentaires de la démocratie (élections libres, pluralistes et transparentes) et du respect de l’Etat de droit.

L’autorité est nécessaire à l’existence d’un Etat, elle n’est pas suffisante. Comme le montrent par exemple les travaux du prix nobel d’économie Amartya Sen, le respect de principes démocratiques accroît généralement la prospérité des Etats et tend à éradiquer plus efficacement la misère que ne le pourrait un Etat autoritaire qui supprimerait les espaces de respiration sociale et économique nécessaires à la création de richesses.

Il nous reste maintenant à trouver une couleur pour chacun des 49 Etats autoritaires identifiés par Freedom House, à commencer par l’Ouzbékistan d’Islam Karimov dont les récentes élections législatives ont été jugées non démocratiques par l’OSCE – au contraire des observateurs de la CEI, dominée par la Russie, qui les ont jugées « légitimes, libres et transparentes ».

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